Mode & fringues, cocktail polluant !


Articles, Consommation / lundi, décembre 23rd, 2019

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Le 8 Janvier prochain les soldes seront là. Un évènement que beaucoup de personnes attendent pour dépenser sans compter. Cette année, Jean Pierre et compagnie sont bien décidés à acheter à foison. Les tee-shirts à 8€ c’est cadeaux, les 3 jeans à -50% c’est pour bibi ce coup-ci !

Cependant… Les soldes et l’industrie vestimentaire ont un effet dévastateur sur la planète. Chaque année ce sont près de 100 milliards d’habits produits [1](Brooks, 2015) et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Nos chers vêtements génèrent d’énormes quantités de CO2 et participent à la destruction de notre environnement.

Afin de limiter cet impact, il existe plusieurs solutions. Ainsi, dans cet article vous trouverez tout ce dont vous avez besoin pour ajouter une corde à votre arc d’écolo ! Soyez prévenus, après cette lecture, Vinted et le recyclage vont devenir vos nouveaux amis !

« Pourquoi les vêtements polluent ? »

Bon alors il faut distinguer deux types de vêtements : Ceux étant fabriqués à partir de matières dérivées du pétrole (polyester par exemple), et celles de fibres naturelles (coton essentiellement).

Les fibres comme le polyester représentent désormais environ 63% du marché mondial [2](Lenzing, 2017). Etant des dérivés de la pétrochimie elles polluent de part leurs procédés de fabrication et génèrent d’énormes quantités de CO2  [3](Shen et al., 2010a). De plus, ces fibres nécessitent l’utilisation de produits toxiques et se décomposent très mal dans l’environnement.

Pour ce qui est du coton, malheureusement ce n’est pas beaucoup mieux. Cette plante représente 24% du marché mondial et est responsable de nombreux désastres écologiques :

  • Le coton nécessite des quantités d’eau colossales. Il faut ainsi entre 3000 et 7000 litres d’eau pour récolter 1kg de fibre de coton  [4](Food and the agricultural organisation of the united nations, 2015). C’est à cause de cette plante qu’a disparu la mer d’Aral notamment  [5](Micklin, 2007)
  • L’autre souci vient lui de l’utilisation des pesticides à outrance. Bien que ce problème ait été diminué avec le temps, les pesticides utilisés pour le coton détruisent encore la biodiversité. Ils représentent encore 6,2% de tous les pesticides utilisés sur Terre  [6](Food and the agricultural organisation of the united nations, 2015)

« Et c’est pas tout ! »

Bon ceci étant dit, il y a un autre problème avec les vêtements. On en achète trop, beaucoup trop ! Nombreux sont nos tee-shirts que l’on ne met qu’une fois ! Légions sont les jeans que l’on a acheté parce qu’il allait bien avec ce pull !

Notre consommation de fringue a doublé en 15 ans  [7](Brooks, 2015) et son impact est loin d’être négligeable sur notre planète. La production d’habit nécessite (dans la majorité des cas) de nombreux produits toxiques pour rendre utilisable les fibres. De plus la production étant localisée à l’autre bout du monde cela engendre de nouvelles émissions de CO2. Tout cela s’additionnant aux émissions de carbone liées à la production.

Autre problème, dans notre mode de consommation, les habits sont trop rarement recyclés ou réutilisés. Dans la plupart des pays européens ce chiffre oscille autour de 20% alors que 90% des vêtements seraient réutilisables  [8](Dahlbo et al, 2017). Attention tout de même ! Par réutilisable on entend aussi recyclable ou valorisable d’une autre manière (création d’énergie par exemple).

« Bon super ! Et si on veut se saper on fait comment ? »

Bon alors pour ça il y a deux solutions et demie, et du green washing:

  • Coton bio
  • Recyclage
  • Réutilisation
  • Faire durer ses habits & Réparer

Coton bio

Alors oui, ça va dans le bon sens. En passant au coton bio on respecte les insectes vivants dans les champs. Cependant, sans les insecticides, le rendement est moindre et pour produire autant, les cultivateurs nécessitent plus de terres. Ainsi la plupart des études scientifiques ne considèrent pas le coton bio comme une solution miracle. Il est néanmoins établit que le coton bio possède un impact sur l’environnement très légèrement moindre que le coton conventionnel  [9](Esteve-Turrillas et al, 2017).

Cependant, ce n’est pas la solution miracle comme annoncé par les industries du textile #GreenWashing. C’est une avancée, mais cela ne rend pas pour autant les habits bons pour la planète. Produire de manière biologique est une avancée, mais pas la solution à notre problème de réchauffement climatique.

Enfin, si vous vous intéressez à la matière de vos affaires, privilégiez la Lyocell. C’est une fibre faite à base de bois, ne générant pas de produits chimiques dans la nature. 99,5% des produits utilisés sont réutilisés dans le processus de fabrication. De plus, les arbres utilisés nécessitent moins d’eau que le coton, évitant l’épuisement des nappes phréatiques.

Recyclage

Alors là on arrive à une idée intéressante. Tout d’abord cela permet de revaloriser les matières déjà utilisées et de redonner une seconde vie aux vêtements. Cela permet de limiter le nombre de déchets et de réduire la production de nouvelles matières premières. Cette solution commence tout doucement à être adopté par les mastodontes de la mode comme H&M par exemple.

Malheureusement, le recyclage pratiqué comme il est, est trop souvent présenté comme la solution miracle. Certes, il aurait un impact positif sur l’environnement mais ce dernier ne serait pas si énorme que ça. De plus, certains chercheurs ne sont pas convaincus du bienfait du recyclage actuel. En effet, ils soulignent le fait que par moment recyclé polluerait plus que de reproduire en matière de CO2…  [10](Sandin et al, 2018).

Cependant, soyez rassurés ! De nouvelles techniques à base de produits chimiques pourraient tout changer ! Selon une étude menée en 2017 il pourrait être possible de réduire les émissions de CO2 liées au recyclage de 97% [11](Esteve-Turrillas et al, 2017). Cela rendrait le recyclage viable et meilleur au niveau de l’environnement.

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Réutilisation

Pour le moment la meilleure manière de renouveler sa garde-robe sans détruire la planète c’est ça !

Réutiliser redonne une seconde voire une troisième vie aux habits, réduisant ainsi la production de nouveaux. En effet, en achetant des habits de seconde main vous réduisez de 60 à 85% la production de nouveaux vêtements  [12](Farrant et al, 2010). Ainsi, si vous ne pouvez pas vous passer de fringues, la meilleure solution c’est Vinted et compagnie !

« Justement où est-il possible d’acheter des vêtements de seconde main ? »

Eh bien il en existe des tonnes, le plus connu d’entre eux est l’entreprise lituanienne Vinted comme évoqué ci-dessus. Mais Videdressing et Unitedwardrobe sont aussi des alternatives crédibles pour acheter des affaires à prix raisonnables.

Faire durer, réparer et laver responsablement

Oui, oui, oui… Je l’ai déjà dit dans mon précédent article sur les produits tech. Mais cela vaut pour tout en réalité. Si vous consommez uniquement ceux dont vous avez besoin. Si vous faîtes durer vos vêtements, et que vous les réparez au lieu de les jeter, automatiquement nos émissions de carbone vont chuter.

En ce qui concerne les habits il est possible de recoudre un pantalon ou de réparer un manteau soi-même. Nos grands-mères le faisaient dans le temps, aucune raison qu’on en soit incapable ! Utilisez 4 fois plus longtemps ses affaires permettraient de réduire de 50% l’impact environnemental de l’industrie de la mode  [13](Zamani, B et al, 2017).

«Pour finir, et c’est peut-être l’info la plus importante finalement»

La plupart de la pollution générée par les fringues (70% pour être exact) viennent de l’usage de du lavage [14](Brooks, 2015).

Cela à de quoi surprendre notre Jean-Pierre national ! Mais oui, au final si on fait des efforts lors de nos achats, le plus important reste à la fréquence à laquelle on lave nos habits. Alors attention, lavez quand c’est nécessaire. Ne mettez pas dans le linge sale vos jeans car vous avez la flemme de les ranger ! Je parle d’expérience, promis je ne le referai plus.

Voilà, c’est ici que se termine cet article. Il m’a pris beaucoup de temps à écrire afin de trouver des sources et des chiffres de qualité. J’espère que vous aurez appris des choses. On se revoit sur Vinted !

Sources:

[1] Brooks, A. (2015). Clothing Poverty The Hidden World of Fast Fashion and Second-hand Clothes. Consulté à l’adresse https://www.academia.edu/38634948/Clothing_Poverty_The_Hidden_World_of_Fast_Fashion_and_Second-hand_Clothes

[2] Lenzing, The Global Fiber Market in 2016 (2017) Available at: http://www.lenzing.com/en/investors/equity-story/global-fiber-market.html (Accessed December 2019)

[3] L. Shen, E. Worrell, M.K. Patel, Environmental impact assessment of man-made cellulose fibres. Resour. Conserv. Recycl., 55 (2010), pp. 260-274

[4] Food and the agricultural organisation of the united nations (2015). Measuring Sustainability in Cotton Farming Systems: Towards a Guidance Framework. [online] Rome. Available at: https://www.crdc.com.au/sites/default/files/pdf/SEEP_Sustainability%20Indicators_FINAL.pdf [Accessed 18 Dec. 2019].

[5]Micklin, P. (2007). The Aral Sea Disaster. Annual Review of Earth and Planetary Sciences, 35(1), 4772. https://doi.org/10.1146/annurev.earth.35.031306.140120

[6] Food and the agricultural organisation of the united nations (2015). Measuring Sustainability in Cotton
Farming Systems: Towards a Guidance Framework. [online] Rome. Available at: https://www.crdc.com.au/sites/default/files/pdf/SEEP_Sustainability%20Indicators_FINAL.pdf [Accessed 18 Dec. 2019].

[7]Micklin, P. (2007). The Aral Sea Disaster. Annual Review of Earth and Planetary Sciences35(1), 4772. https://doi.org/10.1146/annurev.earth.35.031306.140120

[8]Dahlbo, H., Aalto, K., Eskelinen, H., & Salmenperä, H. (2017). Increasing textile circulation—Consequences and requirements. Sustainable Production and Consumption, 9, 44–57. doi:10.1016/j.spc.2016.06.005

[9]Esteve-Turrillas,F. A., & de la Guardia, M. (2017). Environmental impact of Recover cotton in textile industry. Resources, Conservation and Recycling, 116, 107–115. doi:10.1016/j.resconrec.2016.09.034

[10]Sandin, G. and Peters, G. (2018). Environmental impact of textile reuse and recycling – Areview. Journal of Cleaner Production, 184, pp.353-365.

[11]Esteve-Turrillas, F. A., & de la Guardia, M. (2017). Environmental impact of Recover cotton in textile industry. Resources, Conservation and Recycling, 116,107–115. doi:10.1016/j.resconrec.2016.09.034

[12]Farrant, L.,Olsen, S.I. & Wangel, A. Environmental benefits from reusing clothes. Int J Life Cycle Assess 15, 726–736 (2010) doi:10.1007/s11367-010-0197-y Zamani, B., Sandin, G., & Peters, G. M. (2017). Life cycle assessment of clothing libraries: can collaborative consumption

[13]Zamani, B., Sandin, G., & Peters, G. M. (2017). Life cycle assessment of clothing libraries: can collaborative consumption reduce the environmental impact of fast fashion? Journal of Cleaner Production, 162, 1368–1375. doi:10.1016/j.jclepro.2017.06.12

[14] Brooks, A. (2015). Clothing Poverty The Hidden World of Fast Fashion and Second-hand Clothes. Consulté à l’adresse https://www.academia.edu/38634948/Clothing_Poverty_The_Hidden_World_of_Fast_Fashion_and_Second-hand_Clothes

 

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